La place faite aux pères dans les séparations

Les pères d’aujourd’hui ne veulent plus seulement être les pères des « fins de semaine
paires » !

Ils entendent légitimement pouvoir élever leurs enfants, enfants qu’ils ont voulus autant que
les mères.

Cependant, il apparaît que la place des pères est encore souvent réduite, à de simples
« droits de visite et d’hébergement ».

Comment expliquer à un père qu’il recevra son enfant en visite, comme un petit cousin
éloigné ?

Comment expliquer à un père, que son amour pour son enfant, sa volonté d’investissement,
sa disponibilité, ne suffisent pas toujours à convaincre les tribunaux ?

Comment expliquer à un père, qu’il ne sera et ne restera que le père, alors que le simple fait
d’avoir porté et accouché d’un enfant entraîne de facto une présomption quasi irréfragable
de « figure de référence » pour l’enfant.

Comment expliquer à un père, qui vient vous consulter pour savoir si dans l’hypothèse d’une
séparation, il pourra obtenir une garde alternée, que l’on devra se battre et prouver qu’il est un
bon père et ce sans garantie d’obtenir gain de cause, uniquement parce qu’il n’a pas mis son
enfant au monde.

Il n’y a là aucune explication juridique. Le droit de la famille est encore profondément attaché
à des valeurs d’un autre temps.

La place du père dépend donc essentiellement de la mère qui décidera de lui en accorder
une ou pas au gré de ses convictions le plus souvent motivées par des considérations n’ayant
aucun lien avec l’intérêt de l’enfant, notion si chère aux pédopsychiatres.

Ainsi, nous ne pouvons compter que sur nos magistrats pour faire avancer les choses et faire
admettre à ces mères que le père qu’elles ont choisi pour leurs enfants ne cesse pas d’exister
après la séparation.

Jennifer Smadja


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