Les pères des “fins de semaines paires”… Par Jennifer Smadja, Avocate.

Les pères d’aujourd’hui ne veulent plus seulement être les pères des « fins de semaine paires »
un article de Jennifer Smadja
le village de la justice

Ils entendent légitimement pouvoir élever leurs enfants, enfants qu’ils ont voulus autant que les mères.

Cependant, il apparaît que la place des pères est encore souvent réduite, à de simples « droits de visite et d’hébergement ».

Comment expliquer à un père qu’il recevra son enfant en visite, comme un petit cousin éloigné ?

Comment expliquer à un père, que son amour pour son enfant, sa volonté d’investissement, sa disponibilité, ne suffisent pas toujours à convaincre les tribunaux ?

Comment expliquer à un père, qu’il ne sera et ne restera que le père, alors que le simple fait d’avoir porté et accouché d’un enfant entraîne de facto une présomption quasi irréfragable de « figure de référence » pour l’enfant.

Comment expliquer à un père, qui vient vous consulter pour savoir si dans l’hypothèse d’une séparation, il pourra obtenir une garde alternée, que l’on devra se battre et prouver qu’il est un bon père et ce sans garantie d’obtenir gain de cause, uniquement parce qu’il n’a pas mis son enfant au monde.

Il n’y a là aucune explication juridique puisqu’au regard de l’article 373-2-9 du code civil :

«  (…), la résidence de l’enfant peut être fixée en alternance au domicile de chacun des parents ou au domicile de l’un d’eux. A la demande de l’un des parents ou en cas de désaccord entre eux sur le mode de résidence de l’enfant, le juge peut ordonner à titre provisoire une résidence en alternance dont il détermine la durée. Au terme de celle-ci, le juge statue définitivement sur la résidence de l’enfant en alternance au domicile de chacun des parents ou au domicile de l’un d’eux. »

Le droit de la famille est cependant encore profondément attaché à la « maternité ».

A titre d’exemple, le tribunal de Meaux a récemment débouté un père de sa demande garde alterné au motif que :

«  Même si rien ne permet non plus de douter des égales compétences éducatives des deux parents et de leur équivalente disponibilité. Toutefois, le succès d’une résidence alternée est assurément conditionné à un minimum de communication entre les parents et d’adhésion à cette organisation, a fortiori s’agissant d’un enfant très jeune qui a besoin de repères et de stabilité ».

La place du père dépend donc essentiellement de la mère qui décidera de lui en accorder une ou pas au gré de ses convictions le plus souvent motivées par des considérations n’ayant aucun lien avec l’intérêt de l’enfant, notion si chère aux pédopsychiatres.

Ainsi, nous ne pouvons compter que sur nos magistrats pour faire avancer les choses et faire admettre à ces mères que le père qu’elles ont choisi pour leurs enfants ne cesse pas d’exister après la séparation.

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